Tu Savais Que ? Les Vins de Bourgogne ne Sont Pas Toujours 100 % Monocépages
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Tu Savais Que ? Les Vins de Bourgogne ne Sont Pas Toujours 100 % Monocépages

14 février 20263 min de lecture
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Tu Savais Que ? Les Vins de Bourgogne ne Sont Pas Toujours 100 % Monocépages

*Cet article concerne les appellations Village et Grand Cru de la Côte-d'Or pour les vins rouges.*

La Bourgogne est mondialement reconnue pour ses vins de Pinot Noir et de Chardonnay — purs, authentiques, monocépages. C'est l'image qu'on nous vend. Et c'est vrai pour la plupart des cas. Mais voilà : la réglementation des Appellations d'Origine Contrôlée (AOC) en Bourgogne cache une réalité plus nuancée. Une réalité que peu connaissent, notamment en ce qui concerne l'autorisation de cépages dits « accessoires » dans certaines appellations.

Le Monocépage : Un Principe, Pas une Règle d'Or

Historiquement, la Bourgogne s'est construite autour d'une spécialisation : le Pinot Noir pour les rouges, le Chardonnay pour les blancs. Cette décision a forgé l'identité de la région. Mais voici le détail qui change tout : certains cahiers des charges d'AOC prévoient la possibilité d'intégrer d'autres cépages, appelés « accessoires », sous des conditions strictes.

Ces cépages accessoires — Pinot Blanc, Pinot Gris ou Chardonnay — ne peuvent être intégrés qu'en « mélange de plants ». Concrètement, cela signifie qu'ils doivent être complantés au milieu des rangs de Pinot Noir. C'est un héritage des méthodes ancestrales, où la diversité variétale servait d'assurance naturelle contre les maladies et les aléas climatiques.

Important : les complantages de cépages accessoires dont il est question ici concernent spécifiquement les AOC Villages de la Côte d'Or et les Grands Crus.

Zoom sur l'Élite : Vosne-Romanée et Romanée-Conti

Les chiffres des cahiers des charges de l'INAO sont éloquents :

  • Jusqu'à 15 % de cépages accessoires pour l'AOC Vosne-Romanée.
  • Une limite de 5 % pour le mythique Grand Cru Romanée-Conti.

Ces proportions ne sont pas que théoriques. Dans les flacons qui dorment en cave depuis 40 ou 50 ans, cette mixité était souvent plus présente qu'aujourd'hui. À l'époque, le remplacement des pieds morts au cœur des parcelles se faisait de manière moins chirurgicale, favorisant la complantation.

Acheter une ancienne bouteille de la Côte d'Or, c'est donc parfois déguster un morceau d'histoire où le Pinot Noir laissait une petite place à ses cousins (Pinot Blanc ou Gris). Si les vignerons modernes tendent aujourd'hui vers une pureté absolue, la loi et les vieilles vignes préservent cette part de mystère et de tradition.

Conclusion

La Bourgogne est la terre des monocépages par excellence — c'est vrai. Mais elle est aussi une région qui reconnaît sa propre complexité. L'autorisation de cépages accessoires, avec des proportions strictement encadrées selon le prestige de l'appellation, raconte une histoire : celle d'une région qui équilibre tradition et modernité, pureté et pragmatisme. Et c'est cette subtilité qui rend la Bourgogne si fascinante.

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Par Jennifer Gerone

@la_reine_du_vin

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